Comment fait-on une Analyse de Cycle de Vie ?

L’Analyse de Cycle de Vie est une approche qui permet une évaluation environnementale d’un produit (par exemple une clé USB), ou d’un service (par exemple envoyer un mail) dans un but d’éco-conception, d’identification des leviers de réduction d’impacts ou de comparaison entre deux services/produits.

C’est aujourd’hui l’outil le plus fiable pour évaluer les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service. Cependant, la complexité et l’hétérogénéité des ACV exigent de rester prudent quant à leurs résultats, qui pour être bien interprétés, nécessitent un minimum de connaissances sur leur construction et les données qu’elles utilisent.

Nous vous proposons ci dessous un rapide descriptif des principales étapes de réalisation d’une ACV. Les quatre phases décrites ci dessous, décrites dans la norme ISO 14 040*), sont obligatoires.

La phase d’orientation

Il s’agit ici de décrire précisément les éléments suivants :

  • les objectifs de l’ACV : l’application souhaitée, les raisons de l’étude, les destinataires de l’étude, le type de communication.
  • les caractéristiques et les fonctions du système étudié.
  • l’unité fonctionnelle : elle permet de quantifier la fonction. Elle est primordiale et conditionne l’interprétation des résultats. Par exemples : « Utiliser le téléphone pendant 11 minutes par jour pendant 2 ans » ou « Transmettre un document de 10 Mo à une personne » .
  • le champ de l’étude : les frontières du système (ce qui est pris ou non en considération), les règles d’affectation ou d’allocation, les hypothèses, les catégories d’impacts sélectionnées, la méthode d’évaluation envisagée et les exigences sur les données (source, qualité).

Cette étape est primordiale et explique à elle seule la variabilité des résultats d’ACV pour un même produit, en fonction des hypothèses prises (par exemple : durée de vie d’un équipement, pays où l’équipement est utilisé, etc.).

L’Inventaire du Cycle de Vie

Il a pour objectif d’identifier et de quantifier tous les flux entrants et sortants du système (émissions et rejets). Cette phase débute par une étape de collecte des données (les données proviennent soit des industriels, producteurs, soit de la littérature, soit de bases de données ; en général plusieurs sources sont utilisées). Une fois les données recueillies, elles doivent être validées (cohérence avec les objectifs de l’étude, qualité, représentativité, complétude des données). Celles-ci sont alors associées aux processus et flux élémentaires définis pour chaque étape du cycle de vie.

La phase d’évaluation

Cette phase permet finalement de « comprendre et d’évaluer l’ampleur et l’importance des impacts potentiels d’un système de produits sur l’environnement au cours de son cycle de vie » (définition de la norme ISO 14 040).Retour ligne automatique

Cette phase comprend plusieurs étapes :

  • le choix des catégories d’impact (en principe les plus pertinentes pour l’étude : par exemple : émission de GES, écotoxicité terrestre, acidification des océans, etc.)
  • la classification (attribution des résultats de l’ICV ayant des effets similaires aux catégories d’impact sélectionnées),
  • la caractérisation des impacts (conversion des résultats de l’inventaire en une unité commune pour la catégorie d’impact à laquelle ils ont été affectés). Ex : traduire tous les GES en équivalent kg CO2 pour évaluer l’impact sur le changement climatique.

Dans certains cas, les résultats peuvent s’exprimer en dommages, traduction des conséquences des impacts sur l’environnement (ex : dommage sur la santé humaine qui combine tous les impacts liés à cette problématique).

Certaines ACV proposent aussi, mais ce n’est pas obligatoire (contrairement aux précédentes), une étape de normalisation qui permet de rapporter les résultats obtenus à une information de référence : par exemple aux impacts moyens d’un Européen en 2010.

Enfin, il est fréquent que les résultats d’une ACV apparaissent sous forme de scores uniques. Dans ce cas, il y a en général une étape de pondération basée sur une “hiérarchisation des impacts”.

La phase d’interprétation

Enfin, cette dernière étape a pour objectif

  • de valider les différentes phases de l’ACV, notamment les hypothèses faites lors de la phase d’orientation.
  • de structurer les résultats d’ACV et les données de la modélisation ;
  • d’établir des conclusions, limitations et recommandations ;
  • d’identifier les phases du cycle de vie sur lesquelles il faut agir pour réduire l’impact environnemental du système.

Une ACV complète présente toujours une analyse de sensibilité portant sur un certain nombre de paramètres, comme par exemple les hypothèses de la 1ère phase (durée de vie des équipements par exemple). Les paramètres ayant le plus d’impact sur les résultats sont identifiés. Cette étape permet de valider la robustesse des résultats.

Pour plus de détails, nous vous invitons à lire le chapitre 2 de notre ouvrage “Les impacts écologiques des Technologies de l’Information et de la Communication”.

*Norme ISO 14040, Management Environnemental – Analyse Du Cycle De Vie : principes et cadre. AFNOR, 23p.

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